(29/05/2021) UN SCHIZO FUSILLE PAR LES GENDARMES A LA-CHAPELLE-SUR-ERDRE


(29/05/2021) UN SCHIZO FUSILLE PAR LES GENDARMES A LA-CHAPELLE-SUR-ERDRE

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Article N°25561

(29/05/2021) UN SCHIZO FUSILLE PAR LES GENDARMES A LA-CHAPELLE-SUR-ERDRE

21/06/2021
Ce n’est pas le peloton de la maréchaussée qui est critiquable : il n’a fait que riposter aux coups de feu qu’il essuyait. Non, la vraie responsabilité appartient à l’Etat qui a conduit ce schizophrène à son poteau d’exécution faute de lui avoir procuré la prise en charge sanitaire et/ou médico-sociale que sa maladie mentale exigeait. Et ce type de défaillance ne semble pas près de changer.
 

Et si seulement il s’agissait d’un cas isolé, mais non….
… les drames se succèdent ces derniers temps, avec dans un nombre impressionnant de cas, une mise en question de la santé mentale des auteurs, y compris dans des affaires à caractère soi-disant de terrorisme islamiste. Les gens en situation de faiblesse psychique sont si vulnérables à la manipulation et faciles à transformer en kamikaze !…
La violence ambiante dont politiciens et médias se gargarisent a bon dos. Certes le phénomène est indéniable, mais on sait très bien en même temps que la prévalence des maladies mentales notamment sévères est en hausse.
On le sait aussi, le chemin du rétablissement pour les psychotiques sévèrement atteints est long, semé d’aléas et exigeant en termes de thérapies et d’accompagnement. Ça peut mettre des années, voire malheureusement ne jamais arriver.

Voilà ce qui arrive quand le dispositif de santé publique laisse les psychotiques sans soins adaptés.
L’hôpital public, quand encore les psychotiques y accèdent, se contente de dispenser des chimiothérapies qui stabilisent les patients en crise, mais ne les guérissent pas. Le « suivi ambulatoire », si en vogue, rime avec véritable passoire, renvoyant à la solitude[i] des dizaines de milliers de patients promis ensuite à la rue, ou à la prison et même désormais à la mort sous les balles des forces de l’ordre.
Comment en arrive-t-on à pareil désastre dans notre beau pays ? Le lecteur désireux d’en savoir plus rejoindra les 327.000 personnes qui ont consulté l’article intitulé L’ETAT DELETERE DE LA PSYCHIATRIE FRANÇAISE JETTE PAR MILLIERS LES HANDICAPES PSYCHIQUES A LA RUE OU EN PRISON sur notre page voisine[ii].

Et malheureusement les restrictions continuent…
… malgré les promesses officielles dont on sait ce qu’elles valent ! Cette politique aberrante de pénurie organisée des soins pour motifs budgétaires, initiée il y a près d’un demi-siècle[iii], se poursuit sans état d’âme. On apprend de source professionnelle bien informée[iv] que la DGOS[v], dans le cadre de la réforme du financement des établissements privés et publics en cours de « négociation » avec les fédérations hospitalières, a décidé d’imposer la dégressivité tarifaire en fonction de la durée de séjour. En psychiatrie, cela impactera en priorité certains services de secteur qui ont su garder des lits et les établissements de psychothérapie institutionnelle, en accélérant les sorties d'hospitalisation de patients psychotiques chroniques incapables de vivre décemment en autonomie.
Comme les structures post-hospitalières pour accueillir cette nouvelle vague de « proscrits de l’hôpital » sont déjà dramatiquement insuffisantes[vi], vous n’êtes pas près de voir se raréfier, au contraire, ces drames qui font la Une, et coûtent fort cher à la société en termes humains et économiques.
Rendez-vous au prochain drame.
 
[i] Lire à cet égard sur cette même page l’article sur l’incendie de la rue Erlanger en février 2019 : 10 morts et 30 blessés dans l’incendie de la rue Erlanger la nuit du 4 février dernier, à qui la faute ? (smartrezo.com)
[iii] Depuis le choc pétrolier de 1973 et la flambée des déficits publics, continus depuis lors, engendrant une lutte toujours perdue de recherches d’économies dans les dépenses publiques, ycomprid la santé.
[iv] Le responsable d’un organisme de soins participant à ces « négociations ».
[v] Direction Générale de l’Offre de Soins au ministère de la santé.

Capitaine Narcisse de Brissac, des Mousquetaires du Cœur

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